Ouvert sur la
mer de la Manche, le littoral bas-normand s'étend sur 470
kilomètres.
Préservé de toute urbanisation, cet estran sablonneux est
marqué par son faible dénivelé et un marnage très important.
Avec les plus grandes marées d'Europe (un écart entre basse
et haute mer atteignant les 14 mètres) les huîtres et les
moules sont ainsi parfaitement oxygénées et la force des
courants permet un brassage permanent des eaux et un
renouvellement du plancton.
Sur cet espace
les conchyliculteurs ont pu développer l'élevage des huîtres
creuses et des moules de Bouchot en respectant l'écosystème
et l'environnement.
Les professionnels consciencieux élèvent les coquillages
conformément au schéma des structures, garantissant ainsi un
produit de qualité soutenue aux consommateurs.
Les 350 producteurs d'huîtres et de moules de Bouchot sont
regroupés au sein de la Section régionale de la
conchyliculture de Normandie - Mer du Nord.
Ils ont engagé depuis 4
ans une démarche qualité et sont soutenus dans leurs efforts
par la région.
La qualité c'est avant tout un cadre d'élevage des
coquillages permettant aux huîtres et aux moules de pousser
harmonieusement à leur rythme.
Cependant c'est également tout un savoir-faire intégrant
pratiques traditionnelles d'élevage et respect des règles en
matière de normes sanitaires.
Enfin, cette qualité doit être garantie aux consommateurs.
La traçabilité du produit doit être apportée et le
consommateur doit être informé des qualités du produit. Avec
le quart des huîtres et le tiers des bouchots consommés en
France, la Normandie peut aujourd'hui être fière d'être la
première région conchylicole de France, mais surtout de
pouvoir présenter des produits de grande qualité
Les chiffres de la
Conchyliculture normande
Nombre
d'entreprises : 335
Nombre de concessionnaires : 420
Nombre d'emplois permanents : 2150
Nombre d'emplois indirects : 6.500
Chiffre d'affaires : 107 millions d’euros
Huîtres
Marque collective déposée : Huître de Normandie.
Production annuelle : 35.000 tonnes.
Superficie des parcs ostréicoles : 1.098 hectares.
Moules de Bouchot
Marque collective déposée : Moule de Bouchot
Production annuelle : 22.500 tonnes.
La qualité de
l'environnement d'élevage en mer
Un
élevage en harmonie avec l'écosystème
La qualité c'est
avant tout un cadre d'élevage des coquillages
permettant aux huîtres et aux moules de pousser à
leur rythme, dans un écosystème harmonieusement
respecté.
C'est pourquoi les producteurs se sont imposés un
cadre d'élevage en mer permettant aux coquillages de
bénéficier pleinement du plancton disponible.
Ainsi la pousse des huîtres et des moules est plus
régulière, la qualité de coquille, de chair et de
goût reste pratiquement constante.
Assainissement
L'effort permanent mené depuis 20 ans par la Région
en faveur de l'assainissement urbain, industriel et
agricole a permis de classer la quasi-totalité des
eaux conchylicoles bas-normandes en zones A et B.
A cette attention constante à la qualité des eaux
s'ajoute un renforcement sensible des moyens
d'autocontrôle mené par les producteurs.
Un suivi scientifique
Le Conseil régional de Basse-Normandie, le
département de la Manche, l'Ifremer, la Section
Régionale Conchylicole Normandie-Mer du Nord sont
liés par une convention-cadre sur "la conservation
rationnelle des ressources de la mer".
Dans le domaine conchylicole, il s'agit
essentiellement de maintenir la qualité des
productions et d'éviter la saturation des parcs
d'élevage par la mise en place d'un schéma de
structures des cultures marines.
Ce concours scientifique donne lieu à une estimation
de la production, des stocks, du rapport
production/biomasse, de la densité optimale des
poches de production à l'hectare ainsi que des
suivis de croissance, d'engraissement et de
mortalité des coquillages.
Un Comité Technique de Suivi a été mis en place dans
le cadre du Contrat de plan Etat/Région. Il a pour
tâche de coordonner et diriger les recherches qui
ont trait à l'exploitation des ressources marines.
La qualité du
savoir-faire
La conchyliculture bénéficie de plusieurs centres de
formation :
- L'université de Caen prépare à un DESS Ressources
Vivantes Côtières.
- L'Institut National des Sciences et Techniques de
la Mer (Intechmer) de Cherbourg forme des
techniciens supérieurs de la mer et s'associe à
l'IUT de Cherbourg-Manche pour la formation de
commerciaux de produits de la mer.
- Le Centre de Formation Professionnelle et de
Promotion Agricole, intégré au lycée agricole de
Coutances dispense le BPAM en formation continue.
- Le lycée maritime et aquacole de Cherbourg propose
notamment un BEP conchylicole en formation initiale
ainsi qu'un Bac Professionnel.
- Le collège de Saint Vaast la Hougue, propose une
formation qualifiante de niveau V préparant au
métier d'ouvrier ostréicole (CAP).
La Qualité des établissements d'expédition
Dans les ateliers conchylicoles normands, les
huîtres et moules de bouchot sont travaillées
(détroquage, calibrage etc…), conditionnées et
expédiées.
Les producteurs normands grâce notamment aux aides
de la région ont pu s'équiper et investir dans du
matériel professionnel.
La qualité de leur atelier va au-delà des normes
sanitaires et d'hygiène exigées.
Vers la Garantie Qualité pour l'Huître de Normandie
et la Moule de Bouchot
Une CCP pour l'Huître de Normandieet la moule de Bouchot
Certification de Conformité du Produit
La CCP, instituée
en 1990 par l'Union Européenne. Elle atteste qu'une
denrée alimentaire ou qu'un produit agricole non
alimentaire et non transformé est conforme à des
caractéristiques spécifiques ou à des règles
préalablement fixées portant selon le cas, sur la
fabrication, la transformation, le conditionnement
et depuis le 3 janvier 1994, l'origine.
Les
caractéristiques spécifiques doivent permettre
d'établir la qualité supérieure du produit par
rapport aux produits standards. Les caractéristiques
spécifiques du produit reposent sur des critères
objectifs, mesurables, traçables et significatifs
pour le consommateur. Elles sont consignées dans un
cahier des charges.
La qualité est
maîtrisée par différents opérateurs (un organisme
certificateur indépendant) et par la mise en place
de procédures de contrôle et d'audit.
Elle garantit l'authenticité d'un produit, sa
qualité et son origine et protège sa dénomination.
Une IGP pour
l'Huître de Normandie Indication Géographique
Protégée.
L'IGP, instituée en 1992 par l'Union Européenne,
garantit l'authenticité d'un produit, sa qualité et
son origine et protège sa dénomination.
Liée à une certification de conformité, elle désigne
un produit agricole ou une denrée alimentaire
originaire d'une région, d'un lieu déterminé ou d'un
pays ; elle se fonde sur la réputation du produit et
sur son histoire, liées à des caractéristiques ou à
des qualités particulières.
Enfin, elle offre la possibilité de différencier la
zone de production de celle de transformation;
cependant elle n'autorise qu'une seule zone
d'élaboration.
LA CONCHYLICULTURE EN NORMANDIE-MER DU NORD
La SRC
Normandie-mer du Nord représente les producteurs
exerçant sur la portion du littoral délimitée par la
frontière belge et le Mont Saint Michel.
Les 350 producteurs de la SRC y élèvent
essentiellement des huîtres creuses et des moules de
Bouchot.
L'OSTREICULTURE Entre l'Huître de Normandie et les gastronomes,
c'est une longue histoire…
Au XVIIème siècle, l'Huître de Normandie était déjà
la favorite des gastronomes. Louis XIV la faisait
alors venir jusqu'à Paris pour son plus grand
plaisir. Aujourd'hui encore, cette huître élevée en
pleine mer séduit les plus fins connaisseurs par son
goût unique et son authenticité. Ce n'est d'ailleurs
pas un hasard si une huître consommée sur quatre est
d'origine normande.
Une Huître chargée d'histoire.
Les bancs naturels d'huîtres étaient extrêmement
abondants sur nos côtes, surtout sur le littoral de
la mer du Nord et de la Manche.
Au fil du temps, on oublia l'ostréiculture et on se
contenta de pécher les huîtres. Les huîtres étaient
notamment pêchées sur le littoral de Saint Vaast la
Hougue ainsi qu'à l'Ouest du Cotentin par les
fameuses bisquines Granvillaises.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la pêche
décroît en même temps que les bancs d'huîtres
s'épuisent. Parallèlement l'ostréiculture se
développe.
La conchyliculture démarre véritablement en 1880
dans l'anse du Cul de Loup, près de Saint Vaast la
Hougue. Là, jusque vers 1963, l'élevage des huîtres
à St-Vaast se faisait à même le sol.
Puis, avec la nouvelle technique de l'élevage en
poches surélevées, la conchyliculture a connu en
Normandie dans les années 60 une expansion
considérable. La culture de l'Huître est donc en
Normandie relativement récente, mais la tradition "
huîtrière " y est beaucoup plus ancienne.
Les bassins d'élevage
Présentes
sur les bassins de St Vaast, de la baie des Veys et
de la Côte Ouest du Cotentin, les huîtres font
l'objet de soins attentifs pendant 3 à 4 ans.
Elevées en pleine mer, elles sont caractérisées par
leur goût iodé et unique de plus en plus apprécié
des consommateurs. Selon les bassins ce goût de
pleine mer est plus ou moins prononcé, chaque
amateur trouve ainsi l'huître de pleine mer qui lui
convient.
L'Ouest-Cotentin :
De Granville à Portbail, 17 000 tonnes d'huîtres
sont produites. C'est le domaine de l'huître au goût
iodé très prononcé.
L'Est-Cotentin :
De Saint-Vaast-la-Hougue à Sainte-Marie-du-Mont, 11
000 tonnes d'huîtres sont produites. Vieux bassin
ostréicole, l'huître de Saint-Vaast est réputée pour
son goût de "noisette".
La baie
des Veys :
Autour d'Isigny/Mer et de Grancamp-Maisy, 7 000
tonnes d'huîtres sont produites. Bien abritée et
arrosée en permanence par quatre rivières du bocage
normand, la baie des Veys développe une huître
charnue.
La Côte de Nacre :
De Courseulles à Meuvaines Asnelles, près de 800
tonnes d'huîtres sont produites annuellement.